King Crimson

King Crimson
"King Crimson, comme toujours, est une manière de faire les choses. Lorsqu'il n'y a rien à faire, rien n'est fait : King Crimson s'éclipse. Lorsqu'il est temps de revenir sur le front, King Crimson refait surface. Si seulement la vie était aussi simple. " - Robert Fripp

A l'avant-garde du mouvement rock depuis plus de trois décennies, King Crimson s'est réinventé encore une fois avec la parution de son nouvel album studio, The ConstruKction Of Light.

Mettant en œuvre un son épuré et une nouvelle formation, The ConstruKction Of Light est le douzième album studio du groupe et le premier depuis THRAK, paru en 1995 et acclamé par les critiques. La nouvelle composition du groupe, qui inclut Robert Fripp (guitare), Adrian Belew (guitare, voix lead), Trey Gunn (guitare Warr) et Pat Mastelotto (batterie) est, selon Robert Fripp, " un double duo et/ou un quartet. Elle représente également quatre solistes, quatre trios et six duettistes ". Cette concentration de forces musicales permet cette grande souplesse, l'interaction subtile et la simplicité renouvelée qui caractérisent l'album.

Projetant l'énergie musicale de King Crimson qui a influencé de nombreux groupes dans les années 90, comme Nine Inch Nails et Tool, The ConstruKction Of Light repose sur l'expérience acquise par le groupe durant les trois dernières années dans le cadre des ProjeKcts - petites unités mobiles impliquant diverses formations et différentes approches qui se livraient à des improvisations live et procédaient à des expérimentations pour le groupe principal. ProjeKct X, l'alter ego expérimental de la nouvelle formation, apporte sa contribution avec Heaven and Earth, dernier titre bonus de l'album qui doit beaucoup aux Soundscapes improvisés en solo par Fripp, et plus particulièrement à l'album Gates of Paradise paru en 1998. Telles sont les tendances sous-jacentes de l'évolution de King Crimson depuis THRAK.

The ConstruKction Of Light réconcilie les différentes approches de King Crimson, du vaudou mutant de ProzaKc Blues et des strates polyrythmiques du morceau-titre aux lignes percutantes de Frying Pan et Larks' Tongues in Aspic Part 4 (ce dernier inclut une reprise modifiée de Red, paru en 1974). Les morceaux se caractérisent tous par cette immersion des musiciens dans l'univers de la musique électronique tout en la transcendant : seuls des musiciens de génie comme eux peuvent obtenir en direct des effets et des textures que d'autres doivent programmer, tout en préservant l'interaction du groupe. La technologie a peut-être enfin rattrapé King Crimson !

King Crimson est le seul groupe de sa génération et l'un des très rares à ce jour qui continue d'influencer la scène musicale et de jouer un rôle novateur. Il entame une tournée européenne le 27 mai à Copenhague et devrait se produire au Japon et aux Etats-Unis dans le courant de l'année.

King Crimson 1969-2000
" King Crimson se réincarne sous diverses formes à différents moments. Lorsqu'un courant musical que seul King Crimson peut faire vivre apparaît, King Crimson répond tôt ou tard à l'appel. " Robert Fripp

King Crimson entame cette année la quatrième décennie de son existence, passée sous les feux de la rampe ou dans l'ombre, alternant les formations et une succession d'albums qui, lors de leur parution, ont le plus souvent marqué par une sonorité radicalement différente de leur prédécesseur. King Crimson continue d'enregistrer et de se produire à travers le monde, ravissant son public, influençant et inspirant des générations de musiciens et suscitant enthousiasme, confusion, provocation et irritation.

La première incarnation de King Crimson est née sous le nom de Giles, Giles And Fripp, qui réunissait Michael Giles (batterie, chant), Peter Giles (basse, chant) et Robert Fripp (guitare), ainsi que Ian McDonald (instruments à anches/claviers), Pete Sinfield (parolier) et Judy Dyble (chanteuse ponctuelle). Le groupe enregistre un premier album, THE CHEERFUL INSANITY OF GILES, GILES AND FRIPP (1968), avant de se mettre en quête d'un chanteur permanent et d'un meilleur nom. L'intégration de Greg Lake (basse, chant) et le départ de Peter Giles et de Judy Dyble donnent naissance à la première formation de King Crimson. Comme le précise Robert Fripp, le groupe " a été conçu dans la cuisine du 93a, Brondesbury Road au courant de la seconde quinzaine du mois de novembre 1968 et est né le 13 janvier 1969 au Fulham Palace Café, Fulham Palace Road, Londres ".

Les premières représentations du groupe à Londres marquent fortement les musiciens de l'époque ainsi que l'industrie de la musique dans son ensemble. Peter Banks, membre fondateur et guitariste du groupe Yes, Bill Bruford et Steve Hackett, ex-guitariste de Genesis, reconnaissent tous avoir été sidérés par les premiers concerts du groupe. Cet engouement de la communauté musicale est tel que King Crimson est invité à assurer la première partie du concert historique des Rolling Stones à Hyde Park le 5 juillet 1969. Moins de deux mois après sa toute première prestation le 9 avril 1969 dans la petite salle du Speakeasy Club de Londres, King Crimson se produit devant 750 000 spectateurs à Hyde Park et, aux dires de Robert Fripp, fait sensation au point de " tirer toute la couverture à lui ". Cette performance propulse le groupe à l'avant de la scène musicale nationale, et les nombreux spectateurs européens et américains présents au concert répandent très vite le nom du groupe une fois rentrés chez eux.

In The Court Of The Crimson King (1969) Le premier album du groupe, IN THE COURT OF THE CRIMSON KING (1969), paru le 10 octobre 1969, introduit des influences jazz, folk et classiques dans une composition rock. Cet album est immédiatement présenté comme un chef d'œuvre par la presse musicale anglaise et américaine.

Entre l'originalité de la pochette (la première à ne porter ni nom de groupe, ni titre), l'introduction violente de 21st Century Schizoid Man et le fait que l'album est entièrement autoproduit par le groupe (ce qui est relativement exceptionnel à l'époque), il est évident que King Crimson est déterminé à imposer son style et à inventer de nouvelles règles adaptées à ses besoins.

King Crimson est acclamé par les critiques comme " les nouveaux Beatles " et son album est salué par de nombreux artistes, notamment Pete Townsend, leader des Who, qui le qualifie de " troublant chef d'œuvre ". Cet album bouleverse également le public, entrant dans le Top 5 anglais et le Top 30 américain et déclassant le n° 1 Abbey Road dans les charts internationaux japonais. Trente ans après sa sortie, sa production n'a jamais été interrompue, il s'est vendu à plus de 2 millions d'exemplaires et s'est imposé comme un album culte dans l'histoire du rock.

Récemment interrogé sur cette période, Robert Fripp a répondu : " Après mûre réflexion sur la manière dont nous sommes passés d'un échec total à un succès commercial et musical planétaire en l'espace de neuf mois, j'ai finalement conclu que la musique nous transcende et nous emporte parfois. Il s'agit là de l'un de ces moments et nous étions au rendez-vous. "

Ce succès entraîne une pression considérable sur ce jeune groupe, dont la première formation implose malheureusement en décembre l969, au terme de son unique tournée américaine. Ian McDonald and Michael Giles forment leur propre duo, tandis que Greg Lake devient le co-fondateur d'Emerson, Lake And Palmer.

En 1997, Discipline Global Mobile commercialise EPITAPH, un coffret de 4 CD issus des enregistrements pirates et des archives live de cette formation datant de 1969.

In The Wake Of Poseidon (1970)
La période 1970/1971 de King Crimson est généralement ignorée, car elle est considérée comme une simple transition entre la période IN THE COURT OF THE CRIMSON KING et la période de LARKS' TONGUES.../STARLESS.../RED. C'est dommage, car les trois albums suivants contiennent un certain nombre de choses intéressantes.

IN THE WAKE OF POSEIDON reflète les dernières lueurs de IN THE COURT OF THE CRIMSON KING à travers le prisme de l'improvisation jazz du pianiste et virtuose Keith Tippet, et donne au final un album riche en contrastes. Bon nombre des anciens membres du groupe participent à cet album et un morceau, l'étrange Cat Food (sorti en single dans une version légèrement différente), vaut à King Crimson son premier (et pour l'instant dernier) passage à l'émission Top Of The Pops.

Lizard (1970)
Malgré la participation de plusieurs musiciens du Keith Tippet Band autour du noyau composé de Mel Collins (instruments à anches), Gordon Haskell (basse, chant) et Andy McCullough (batterie), la musique de LIZARD marque une orientation plus " classique ". Intégrant la voix de Jon Anderson dans la suite éponyme sur la deuxième face, King Crimson ressemble parfois davantage à Yes que Yes lui-même. Ajoutez à cela que vers la même époque, Fripp décline l'invitation de se joindre à Yes, et vous comprendrez pourquoi Bill Bruford, habituellement réputé pour son esprit pratique, accepte une baisse de salaire et quitte Yes pour rejoindre King Crimson.

Islands (1971)
ISLANDS reflète encore une nouvelle orientation musicale de King Crimson avec la seule participation en studio de Boz Burrell (basse, chant), devenu plus tard membre fondateur de Bad Company, et d'Ian Wallace (batterie), qui participe pendant des années aux tournées de Bob Dylan et de Don Henley.

Marqué par une tendance " blues " plus forte qu'aucun des précédents, cet album est également le dernier de King Crimson auquel participe le parolier Peter Sinfield. Robert Fripp ayant déclaré qu'il contient " certaines des paroles les plus indigestes que l'on puisse trouver sur un album rock ", le départ de Peter Sinfield n'est probablement pas une simple coïncidence.

Bien que cet album contienne l'un des passages les plus forts de Robert Fripp dans le chef d'œuvre instrumental qu'est Sailor's Tale, Robert Fripp sent le vent tourner. " Vers le milieu de 1971, de nouvelles idées musicales ont commencé à voir le jour ; pour la première fois, elles correspondaient à ma propre voix. Mais ces nouvelles tendances n'étaient pas adaptées, ni suffisamment développées, pour la formation de l'époque ". Il en résulte une dissolution de cette formation en avril 1972.

Earthbound (1972)
Au printemps 1972, Island Records, en dépit de quelques doutes quant à la qualité des enregistrements, sort EARTHBOUND, un album live issu de la dernière tournée de King Crimson aux Etats-Unis et tiré d'enregistrements sur cassettes stéréo Ampex réalisés sur la table de mixage. Selon Robert Fripp, " Earthbound est (selon moi) le premier enregistrement pirate officiel de l'histoire du rock. Après de nombreuses tentatives, j'ai réussi à en faire arrêter la production dans les années 80. Il s'agit aujourd'hui d'un album culte. "

Larks' Tongues In Aspic (1973)
A la fin de 1972, la troisième incarnation de King Crimson voit le jour. Composée à l'origine de cinq membres, notamment l'ex-membre de Family John Wetton (basse, chant), David Cross (violon, mellotron), les percussionnistes Bill Bruford et Jamie Muir, cette formation dynamique conquiert très vite le public par ses concerts anarchiques qui s'éloignent des anciens morceaux du groupe pour mettre l'accent sur des improvisations. Jamie Muir, en particulier, suscite de nombreux commentaires pour les bonds démentiels qu'il effectue à travers la scène en traînant des chaînes, en crachant du sang artificiel, en traversant le public et en provoquant une pagaille générale.

Comme le déclare Robert Fripp à juste titre, " Jamie était trop intelligent et trop équilibré pour rester longtemps dans le groupe. Confronté à l'insignifiance d'une vie perpétuellement sur la route, il a opté pour la vraie vie " et s'est retiré dans un monastère peu après la sortie de LARKS' TONGUES IN ASPIC.

Cet album reflète les mutations survenues au sein de King Crimson. La dominante instrumentale, avec une pointe de violence, démontre le talent de compositeur de plus en plus affiné de Robert Fripp tout en donnant libre cours à la batterie de Jamie Muir et de Bill Bruford. Sa palette étendue couvre des riffs violents à la guitare et à la basse, un violon torride et des percussions en strates sonores, le tout augurant de l'orientation future du groupe.

Bill Bruford, qui a beaucoup appris de la liberté qui caractérisait Jamie Muir dans son approche des percussions, intègre de nombreux éléments dans sa propre technique et le groupe continue avec quatre membres. Les quinze mois qui s'ensuivent sont les plus stables de l'histoire de King Crimson, qui s'impose en Europe et aux Etats-Unis comme un époustouflant groupe de scène.

Starless And Bible Black (1974)
Avec STARLESS AND BIBLE BLACK (1974), le groupe confirme sa puissance et continue de découvrir de nouveaux horizons. Il s'agit là du premier album de King Crimson qui rappelle le précédent par son contenu et sa qualité, et sa musique se montre au moins aussi puissante, mais si elle s'avère par moments légèrement obtuse.

Red (1974)
David Cross ayant quitté le groupe en juillet 1974, au terme de la tournée américaine, Robert Fripp dissout de nouveau le groupe, annonçant " la dissolution définitive de King Crimson ".

Paradoxalement, l'album studio posthume du groupe, RED (1974), est l'un des meilleurs, les trois musiciens restants formant un trio d'une puissance sinueuse et menaçante. Le dernier morceau élégiaque, Starless, semble résumer l'histoire du groupe en ce qu'il passe aisément d'une mélodie mélancolique soutenue par le mellotron à des passages jazz intenses pour s'achever de manière grandiloquente.

USA (1974), A Young Person¹s Guide To King Crimson (1975)
Après la dissolution de la dernière formation de King Crimson, John Wetton rejoint Roxy Music, tandis que Bill Bruford tourne successivement avec des formations aussi célèbres que UK, Gong, Roy Harper et Genesis. Robert Fripp supervise le lancement de l'album live USA (1975) et la rétrospective A YOUNG PERSON'S GUIDE TO KING CRIMSON (1975) avant d'entamer une carrière solo.

Entre 1975 et 1981, Robert Fripp travaille sur divers projets avec une multitude d'artistes tout en sortant deux albums solo, EXPOSURE (1979) et LET THE POWER FALL (1981). Parmi les œuvres connues auxquelles il collabore ou contribue ou qu'il produit, on peut citer Evening Star (1975) de Robert Fripp et Brian Eno, les trois premiers albums de Peter Gabriel, Heroes (1977) et Scary Monsters (1980) de David Bowie, Sacred Songs (1979) de Daryl Hall et des prestations live à la guitare pour Blondie durant son séjour à New York.

Avant et pendant cette période, Robert Fripp contribue considérablement au développement de nouvelles technologies permettant d'étendre les capacités acoustiques de la guitare. Il met notamment au point le système de décalage de bande en collaboration avec Brian Eno. Ce système, associé à la technique de Robert Fripp, donne naissance à ce qu'ils baptisent le " Frippertronics ". Robert Fripp et Brian Eno sortent deux albums, No Pussyfooting (1973) et Evening Star (1975). La musique qui accompagne la tournée des deux artistes en Espagne, en France et dans divers autres pays européens est commercialisée en mai 1975 sous le titre Discreet Music, premier album " ambient " signé Brian Eno.

Robert Fripp est particulièrement fasciné par la liberté que lui offre la technologie dans ses prestations et ses improvisations live de textures multiples à la guitare, en tant que soliste ou que " petite unité mobile intelligente ". C'est cette dernière forme qu'il s'est efforcé de développer depuis, plus récemment dans sa série Soundscapes, et qui lui a inspiré de nombreuses idées mises en œuvre dans la musique de King Crimson, notamment lors des improvisations live du groupe.

Discipline (1981)
En 1981, il est temps qu'une nouvelle incarnation de King Crimson voie à nouveau le jour, cette fois sous la forme d'un quartet avide et tendu composé de Robert Fripp (guitare), Adrian Belew (guitare, voix lead), Tony Levin (basse, stick, chant) et Bill Bruford (batterie).

Le CV des américains Adrian Belew et Tony Levin est particulièrement impressionnant : Adrian Belew a joué comme guitariste pour Frank Zappa, David Bowie et Talking Heads tandis que Tony Levin s'est illustré comme bassiste aux côtés de Paul Simon, Lou Reed, John Lennon et Peter Gabriel. Robert Fripp se souvient avoir senti alors que " la vision sombre de King Crimson s'éclairait " et que " les frontières et le vocabulaire de la musique s'étaient élargis ".

Le nouvel album, DISCIPLINE (1981), révèle une refonte des sonorités du groupe. Celles-ci consistent en des sons polyrythmiques urbains nerveux, les quasi-symphonies d'antan faisant place à d'énergiques morceaux instrumentaux à la guitare et à des chansons plus étendues qui mettent en avant la voix angoissante d'Adrian Belew. Les courants dominants de l'époque - la new-wave, la world music et le minimalisme - se retrouvent dans cette nouvelle incarnation de King Crimson, qui s'impose comme le seul grand groupe capable d'assurer la transition après les années 70.

Nombreux sont ceux qui considèrent cet album comme l'un des meilleurs de King Crimson, égal à IN THE COURT OF THE CRIMSON KING et RED. On peut citer en particulier la folie hypnotique d'Elephant Talk, la violence d'Indiscipline et l'ambiance de The Sheltering Sky.

Beat (1982)
Deuxième album du quartet des années 80, BEAT (1982) développe le son de l'album précédent et se caractérise par l'utilisation des premières batteries électroniques et guitares synthétiques. Bien que plus expérimentales, les prestations du groupe n'en sont pas moins inspirées, et l'album contient plusieurs classiques du répertoire de King Crimson. La mélancolique chanson d'amour Heartbeat contient un solo de guitare à l'envers de la veine de Jimi Hendrix, tandis que Waiting Man explore davantage l'influence des rythmes africains et se caractérise par une interaction impressionnante entre la basse et les percussions. Neurotica est le portrait d'une grande ville américaine mêlant des guitares nerveuses à des rythmes saccadés et une voix intense.

Three Of A Perfect Pair (1984)
Développant encore davantage les sonorités des albums antérieurs et s'offrant l'élégance d'un titre à la Satie, THREE OF A PERFECT PAIR (1984) est un répertoire de textures de guitare imaginatives, de sombres explorations à la basse et de rythmes de batterie inédits. Le morceau-titre hypnotique et le tonitruant Sleepless valent leur pesant d'or. Sleepless annonce d'ailleurs des groupes des années 90 comme Nine Inch Nails (sur les albums desquels Adrian Belew est souvent invité). Robert Fripp sent toutefois que cette formation de King Crimson a fait son temps, et au terme d'une vaste tournée mondiale, il dissout de nouveau le groupe vers la fin de 1984.

Reprenant ses activités individuelles, Robert Fripp prend ses distances vis-à-vis de l'industrie de la musique entre 1984 et 1991, faisant quelques apparitions avec The League of Crafty Guitarists et créant le séminaire Guitar Craft, qui se poursuit à travers le monde.

THRAK (1995)
C'est en 1992 que Robert Fripp conçoit l'étape suivante dans l'histoire de King Crimson, le Double Trio. La naissance de cette formation est cependant différée en raison de quelques batailles juridiques complexes avec son ancien manager, dont Fripp sortira vainqueur.

Il profite de cette période pour participer aux projets d'autres musiciens comme David Sylvian avec The First Day (1993) et Damage (1994), et FFWD avec The Orb et Thomas Fehlmann (1994). Il participe également aux albums de Future Sound Of London et de The Grid.

La nouvelle incarnation de King Crimson naît enfin à Woodstock, à New York, le 18 avril 1994, composée des membres des années 80 auxquels s'ajoutent Trey Gunn (stick) et Pat Mastelotto (batterie et percussions) pour former le Double Trio.






Robert Fripp
Guitare

Trey Gunn
Stick

Pat Mastelotto Adrian Belew
Guitare & chant

Tony Levin
Basse & Stick

Bill Bruford
Percussions acoustiques et électroniques





Le mini-album expérimental VROOOM (1994) est écrit, répété et enregistré au cours des trois semaines suivantes et commercialisé par le nouveau label indépendant de Robert Fripp, Discipline Global Mobile (DGM).

Le Double Trio se réunit de nouveau en Argentine au mois d'octobre de la même année pour pousser plus loin ses explorations, répéter et faire ses débuts sur scène le 1er octobre 1994 à la discothèque le Prix d'Ami, à Buenos Aires.

A son retour, le groupe entre directement en studio pour enregistrer THRAK (1995), le premier album studio de King Crimson depuis 13 ans et, aux dires de Robert Fripp, " 56 minutes 39 secondes de chansons sur l'amour, la mort, la Rédemption et des hommes mûrs en érection ". Cet album enregistré en l'espace de six semaines est très vite applaudi par la critique.

N'importe quel groupe composé de deux guitaristes, deux bassistes et deux batteurs, sans parler de leur immense talent de musiciens, est à l'évidence appelé à sortir de l'ordinaire, et THRAK fait l'effet d'une joyeuse bombe. Associant une nouvelle assurance et une certaine fraîcheur à la puissance dégagée par le groupe dans les années 60 et 70 ainsi qu'à ses textures, sa mobilité rythmique et sa densité structurelle des années 80, le Double Trio se révèle un modèle de simplicité, de densité et de rigueur.

Bien qu'il soit difficile de distinguer des titres phares sur un album aussi fort et riche que celui-ci, on peut tout de même citer THRAK, Dinosaur, VROOM et Sex, Sleep, Eat, Drink, Dream.

Le groupe entame une grande tournée mondiale en Europe au début de mai 1995, puis en Amérique du Nord et au Japon avant de retourner en Europe et aux Etats-Unis à l'été 1996.

En créant DGM, Robert Fripp visait à offrir aux fans du groupe des morceaux expérimentaux, des enregistrements live et des documents d'archives impossibles à sortir sur une major. DGM s'avère ainsi idéal pour les deux disques suivants de King Crimson, B'BOOM (1995) et THRaKaTTak (1996).

B'BOOM (1995), un double-CD pirate officiel des concerts donnés par King Crimson en Argentine en 1994, est commercialisé dans le but de contrecarrer un enregistrement pirate italien du premier concert du Double Trio à Buenos Aires, vendu à un prix exorbitant.

THRaKaTTak (1996), quant à lui, est une audacieuse compilation des improvisations live du morceau THRAK pendant la tournée de 1995. " L'objectif ", écrit Robert Fripp, " est de rester fidèle à l'esprit qui peut caractériser une heure et quelques de THRaKKING, lorsque le public a la générosité et la patience de soutenir ce plongeon et que le groupe a le courage de relever le défi. "

The Fractalisation Of King Crimson (1997-1999)
" La réaction classique de King Crimson, lorsqu'il est confronté au terme d'un cycle, est de se dissoudre ", écrit Robert Fripp, " et en cela, le timing a été impeccable. " En novembre 1997, toutefois, le groupe décide d'adopter une nouvelle approche, la " fractalisation " en de nombreuses unités restreintes au sein du Double Trio. Celles-ci doivent être capables de fonctionner indépendamment les unes des autres, tout en agissant comme des unités d'expérimentation pour le groupe principal.

ProjeKct Two est la première unité restreinte à entrer en action et est composée d'Adrian Belew (VDrums), Robert Fripp (guitare) et Trey Gunn (guitare Warr, talker). Le groupe enregistre le double album SPACE GROOVE (1997), paru sous le label DGM, à Nashville en novembre 1997 avant d'entamer une tournée en Amérique du Nord, au Japon et au Royaume-Uni. L'album live LIVE GROOVE (1998) issu de la tournée, sorti chez DGM, contient deux titres, Deception Of The Thrush et Heavy ConstruKtion, qui seront repris ultérieurement sur le double album live de King Crimson, CIRKUS (1999).

La place qu'occupe Adrian Belew en tant que batteur au sein du ProjeKct Two est particulièrement intéressante. Il est vrai qu'il a toujours occupé une place prépondérante dans les groupes auxquels il s'est joint (ce qui est extraordinaire en soi), mais il parvient même à se faire remarquer au sein de King Crimson !

ProjeKct One est la première unité restreinte de King Crimson à être conçue, mais la deuxième à entrer en action. Tony Levin (basse, stick, synthétiseur), Trey Gunn (guitare Warr), Bill Bruford (batterie et percussions) et Robert Fripp (guitare) improvisent quatre concerts au Jazz Café de Londres du 1er au 4 décembre 1997. L'album PROJEKCT ONE: LIVE AT THE JAZZ CAFE (1998), sorti chez DGM, contient de nombreux morceaux superbes tels que 1 ii 2, également repris sur CIRKUS.

ProjeKct Four réunit Robert Fripp (guitare), Tony Levin (basses, stick), Trey Gunn (guitare Warr, talker) et Pat Mastelotto (VDrums). Le groupe se produit dans le Colorado et sur la Côte Ouest en octobre 1998. Les grands moments de cette tournée figurent sur l'album WEST COAST LIVE (1999), paru chez DGM, et qui contient également une version différente de Deception Of The Thrush.

ProjeKct Three est composé de Robert Fripp (guitare), Trey Gunn (guitare Warr, talker) et Pat Mastelotto (VDrums). Le groupe se produit au Texas du 21 au 25 mars 1999, et les meilleurs moments de ces concerts figurent sur l'album MASQUE (1999), sorti chez DGM.

Un coffret contenant les quatre albums ProjeKct et un " best of " intitulé THE DECEPTION OF THE THRUSH (1999) est paru récemment chez DGM.

La dernière formation, ProjeKct X, composée de Robert Fripp (guitare), Adrian Belew (guitare, voix lead), Trey Gunn (guitare Warr) et Pat Mastelotto (batterie et séquenceurs) est l'actuel alter ego expérimental de King Crimson.

Cirkus (1999)
CIRKUS - THE YOUNG PERSON'S GUIDE TO KING CRIMSON - LIVE (1999) est le premier album d'une série célébrant le trentième anniversaire du groupe. Cet album regroupe sur un double-CD toutes les formations de King Crimson de 1969 à 1999 et couvre les prestations live les plus appréciées des fans, ainsi que des morceaux inédits. Chaque titre a été intégralement remastérisé pour cette édition.

Toutefois, plutôt que de reprendre les titres dans l'ordre chronologique, l'agencement du CD 1 préfigure ce que seront les prestations live et la formation à venir de King Crimson et contient des morceaux du Double Trio, du quartet des années 80 et des titres de ProjeKct One et ProjeKct Two. Le CD 2, quant à lui, contient les meilleurs titres du répertoire des années 70 interprétés par les différentes formations du groupe. Parmi les grands moments de cet album, on peut citer de superbes versions de In The Court Of The Crimson King, Easy Money, Elephant Talk et Dinosaur.

Outre le lancement de CIRKUS, Virgin célèbre le trentième anniversaire de King Crimson par la réédition de l'intégralité de son fonds de catalogue, exceptionnellement remastérisé (aux dernières normes HDCD 24 bits) et présenté sous de nouvelles pochettes dépliantes au " format vinyle " qui rappellent autant que possible les pochettes des albums originaux. L'inclusion d'un livret spécial contenant des photos et des coupures de presse d'époque représente la cerise sur un gâteau déjà très appétissant.

The ConstruKction of Light (2000)
" King Crimson, comme toujours, est une manière de faire les choses. Lorsqu'il n'y rien à faire, rien n'est fait : King Crimson s'éclipse. Lorsqu'il est temps de revenir sur le front, King Crimson refait surface. Si seulement la vie était aussi simple. " - Robert Fripp

Mettant en œuvre un son épuré et une nouvelle formation, The ConstruKction Of Light est le douzième album studio du groupe et le premier depuis THRAK, paru en 1995 et acclamé par les critiques. La nouvelle composition du groupe, qui inclut Robert Fripp (guitare), Adrian Belew (guitare, voix lead), Trey Gunn (guitare Warr) et Pat Mastelotto (batterie) est, selon Robert Fripp, " un double duo et/ou un quartet. Elle représente également quatre solistes, quatre trios et six duettistes ". Cette concentration de forces musicales permet la grande souplesse, l'interaction subtile et la simplicité renouvelée qui caractérisent l'album.

Projetant l'énergie musicale de King Crimson qui a influencé de nombreux groupes dans les années 90, comme Nine Inch Nails et Tool, The ConstruKction Of Light repose sur l'expérience acquise par le groupe durant les trois dernières années dans le cadre des ProjeKcts - petites unités mobiles impliquant diverses formations et différentes approches qui se livraient à des improvisations live et procédaient à des expérimentations pour le groupe principal. ProjeKct X, l'alter ego expérimental de la nouvelle formation, apporte sa contribution avec Heaven and Earth, dernier titre bonus de l'album qui doit beaucoup aux Soundscapes improvisés en solo par Fripp, et plus particulièrement à l'album Gates of Paradise paru en 1998. Telles sont les tendances sous-jacentes de l'évolution de King Crimson depuis THRAK.

The ConstruKction Of Light réconcilie les différentes approches de King Crimson, du vaudou mutant de ProzaKc Blues et des strates polyrythmiques du morceau-titre aux lignes percutantes de Frying Pan et Larks' Tongues in Aspic Part 4 (ce dernier inclut une reprise modifiée de Red, paru en 1974). Les morceaux se caractérisent tous par cette immersion des musiciens dans l'univers de la musique électronique tout en la transcendant (faisant écho au Frippertronics et aux Soundscapes antérieurs de Robert Fripp) : seuls des musiciens de génie comme eux peuvent obtenir en direct des effets et des textures que d'autres doivent programmer, tout en préservant l'interaction du groupe. La technologie a peut-être enfin rattrapé King Crimson !

King Crimson est le seul groupe de sa génération et l'un des très rares à ce jour qui continue d'influencer la scène musicale et de jouer un rôle novateur. Il entame une tournée européenne le 27 mai à Copenhague et devrait se produire au Japon et aux Etats-Unis un peu plus tard cette année.

# Posted on Friday, 26 August 2005 at 12:19 PM

Mindflowers

Mindflowers
Cette fois-ci, c'est en Hongrie que monsieur Progressif présente sa nouveauté: Mindflowers. Quatre jeunes musiciens fans de Dream Theater et consorts qui décident de former un groupe de metal progressif instrumental, une histoire assez banale en somme, pour une musique... qui l'est tout autant ? Seul leur premier album Improgressive, réalisé en 2002, le dévoilera.
Musicalement, Mindflowers se rapproche fortement de Liquid Tension Experiment et Dream Theater mais à un degré de technicité moindre. En plus du metal, les morceaux comportent leur lot de passages jazzy. « Red Spider » a un petit air de « Acid Rain » (LTE), le début de « Sick Spirit » sonne Lemur Voice, le très beau « Crying Skies » aurait sa place sur un album de Gordian Knot etc. Le quatuor fait même une sympathique petite incursion vers le jazz manouche (« Flo's Kisses ») avec interventions de violon en bonus.
Les musiciens possèdent un très bon niveau, et en particulier Balázs Szendöfi, bassiste émérite qui tâtonne aussi du stick (réalisé par papa) intervient bien souvent pertinament, en solo comme en rythmique dans un jeu qui peut faire penser à John Patitucci. Concernant la guitare, Zoltán Szentpál tient bien son rôle, mais manque un peu de fantaisie dans ses soli pas assez techniques ou mélodiquement inachevés (« Knowing The Path »). Le bonhomme a la chance de posséder une corde supplémentaire à son manche mais n'en use que très peu, et c'est regrettable car cela aurait d'avantage dynamisé la musique. Le constat est un peu le même pour son compère claviériste qui se montre bien discret, malgré des parties de piano bien senties.
Pour clôturer cet album, Mindflowers se permet de jouer un long titre de vingt minutes: si les cinq premières minutes sont enthousiasmantes, le reste en revanche a du mal à séduire, car sur une structure trop longue et manquant parfois de cohérence, les Hongrois n'arrivent plus à élaborer de thèmes vraiment accrocheurs ou d'acrobaties intéressantes.
Improgressive est un album qui se laisse écouter sans problème et bénéficie d'une production convenable, mais manque d'émancipation par rapport à ses influences et d'aboutissement dans les compositions. Une guitare moins effacée, plus entreprenante, et des arrangements synthés plus nombreux devraient permettre à Mindflowers de s'épanouir d'avantage.
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# Posted on Friday, 26 August 2005 at 12:05 PM

Meshuggah

Meshuggah

# Posted on Friday, 26 August 2005 at 12:03 PM

Madrigali Magri

Madrigali Magri
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# Posted on Friday, 26 August 2005 at 12:00 PM

Planet X

Planet X

# Posted on Friday, 26 August 2005 at 11:59 AM